Pan de Muertos par Don Miguel au Mexique

Pan de Muertos par Don Miguel à Chignahuapan, Mexique

 

Je vous présente un reportage photo réalisé dans ma ville natale de Chignahuapan au Mexique. Au coeur de ce « village magique » niché dans la Sierra au nord de Puebla, les rues pavées scintillent sous les décorations de Noël, une spécialité locale, et l’air frais porte des parfums de résine et de bois fumé.

C’est ici que Don Miguel, boulanger traditionnel emblématique de Chignahuapan, reste fidèle à son engagement passionné après plus de 36 ans de métier : chaque jour, dès l’aube, il réveille les arômes qui enveloppent le village. Il a commencé à pétrir la pâte à 14 ans, les mains dans la farine, apprenant les secrets du four ancestral.

Aussi aimable que modeste, Don Miguel m’a ouvert les portes de son univers, me permettant de capturer l’âme de son travail et de réaliser ce reportage photo sur le pan de muerto – le fameux pain des morts.

C’est un pain sucré et parfumé à l’orange et à l’anis, traditionnellement placé sur les autels lors de la fête nationale du Día de Muertos, célébration qui unit les vivants aux défunts.

Dans sa petite boulangerie, il le prépare avec le même amour artisanal que tous ses autres pains : une mie moelleuse, une croûte dorée saupoudrée de sucre, ornée d’«os» en pâte symbolisant le cycle de la vie et de la mort.

Dès que l’on franchit le seuil de sa boulangerie, tous nos sens s’éveillent au mélange envoûtant de parfums de pâte dorée, de bois fumé, de fleur d’oranger et de levain ancestral.

Et l’on est alors transporté par ces saveurs vraies, profondes et réconfortantes, d’un pain pétri à la main avec patience et passion. La couleur dorée de sa croûte parfois craquelée comme un paysage enneigé sous le soleil d’hiver nous raconte cette tradition intacte, vivante, presque palpable ; l’histoire d’un village, de ses fêtes, de ses hivers et de ses joies simples – du Día de Muertos aux lumières de Noël.

Chaque bouchée de son pain moelleux, de pan de queso fondant, de ces fameux pastelitos si typiques de Chignahuapan, ou de ce pan de muerto émouvant posé sur l’autel familial, est une invitation au voyage, un héritage qui fond sur la langue et réchauffe les âmes. Pour moi c’est une madeleine de Proust de ma ville natale.

Ce pain raconte une histoire, celle d’un garçon de 14 ans devenu maître boulanger, et nous rappelle que les plus belles choses naissent souvent de mains laborieuses, d’une vie dédiée et d’un amour sincère pour le métier.

Avec ces photos, je souhaite partager l’âme de Chignahuapan : ses couleurs, ses odeurs, ses saveurs… et surtout ses magnifiques personnes, telles que Don Miguel, qui font battre le cœur de ce lieu magique, spécialement pendant le Día de Muertos. Le pain de Don Miguel ne se mange pas… il se vit.

Pan de muertos realizado por Don Miguel y reportage fotografico Ediluz Avenel

En el corazón de este entrañable Pueblo Mágico, enclavado en la sierra norte de Puebla, las calles empedradas resplandecen bajo las tradicionales decoraciones navideñas auténtica especialidad local, mientras el aire fresco de la montaña acaricia con aromas de resina de pino y leña recién encendida.

Es en este rincón donde Don Miguel, figura emblemática de la panadería tradicional de Chignahuapan, mantiene vivo su compromiso apasionado después de más de 36 años de oficio. Cada amanecer, con la misma entrega de siempre, despierta los aromas que abrazan al pueblo entero.

A los 14 años comenzó a trabajar la masa, las manos hundidas en la harina, recibiendo de sus mayores los secretos del horno de leña ancestral. Con la calidez y la sencillez que lo caracterizan, Don Miguel me abrió generosamente las puertas de su taller, permitiéndome capturar con la cámara el alma de su labor y realizar este homenaje visual al pan de muerto, ese pan tan profundo y significativo de nuestra tradición.Se trata de un pan dulce, sutilmente perfumado con cáscara de naranja y anís, que año con año encuentra su lugar en los altares del Día de Muertos, esa celebración hermosa que nos permite recordar y unirnos, por un instante, con quienes ya partieron.

Don Miguel lo prepara con el mismo amor artesanal que dedica a cada una de sus creaciones: miga tierna y esponjosa, corteza dorada espolvoreada con azúcar y coronada por los característicos “huesitos” de masa que simbolizan, con delicadeza, el eterno ciclo de la vida y la muerte. Al cruzar el umbral, los sentidos se rinden ante la sinfonía envolvente de olores: masa dorada, leña ahumada, flor de azahar y ese toque inconfundible del pan de generaciones. Es entonces cuando uno comprende que este no es solo un pan: es memoria, paciencia y pasión amasadas a mano.

El dorado de su corteza, a veces suavemente cuarteada, como un paisaje invernal besado por el sol narra una tradición que permanece intacta, vibrante y casi tangible. Habla de un pueblo, de sus fiestas, de sus inviernos serenos y de sus alegrías más sencillas: desde el Día de Muertos hasta el fulgor navideño que ilumina las calles. Cada rebanada de su pan suavecito, cada trozo de pan de queso que se derrite en la boca, cada mordida a esos pastelitos tan propios de Chignahuapan o al conmovedor pan de muerto que reposa en el altar familiar, se convierte en un pequeño viaje al corazón de la tradición.

Para mí, es un sabor que regresa la niñez, el hogar y el calor de la familia. Este pan lleva consigo la historia de un joven de 14 años que, comesón el amor por su oficio, se convirtió en maestro panadero.

Nos recuerda, con humildad, que las cosas más bellas y duraderas suelen nacer del trabajo honesto, de una vida entregada y de un cariño sincero por lo que se hace.

A través de estas fotografías deseo compartir con ustedes el alma de Chignahuapan : sus colores vivos, sus aromas inconfundibles, sus sabores que reconfortantes… y, sobre todo, la calidez de su gente, personas como Don Miguel que hacen latir con fuerza el corazón de este lugar mágico, especialmente en la temporada del Día de Muertos.

Porque el pan de Don Miguel no solamente se come… se vive, se siente y se agradece profundamente.

Con todo mi cariño y admiración,

Ediluz Avenel

Ediluz Photographe, Vannes, Morbihan, Bretagne, fête des morts, chignahuapan, Mexique

Photographe professionnelle

Ediluz Avenel

Depuis la Bretagne, où je vis et crée depuis des années à Vannes (Morbihan), je vous emmène aujourd’hui au cœur de mes racines mexicaines : Chignahuapan, Puebla.

Je suis Ediluz photographe professionnelle depuis 17 ans, d’origine franco-mexicaine.

Mon univers explore la rencontre entre l’éphémère et l’intemporel : patrimoine vivant, nature sauvage, féminité profonde… Souvent dans des lieux abandonnés, forêts enchantées ou ruines chargées de mémoire. Mes portraits subliment la femme ses mystères, sa force, ses fragilités capturés en lumière naturelle, sans artifices ni IA, dans une approche pure et poétique. Mes séries Vestiges et Vénus jouent sur le contraste entre la vulnérabilité humaine et la permanence des lieux, comme un tableau vivant peint par la lumière.

Et c’est précisément cette quête de l’âme des choses qui m’a ramenée, à travers les jours de Día de Muertos, dans mon ville natal. J’y ai réalisé plusieurs reportages sur la fête des morts au Mexique : des instants suspendus où la tradition unit les vivants aux défunts, où les autels s’illuminent de fleure de cempasúchil et pan de muerto, et où la mémoire respire dans chaque détail.

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